Presentation Generale de Machia'h par Rav Chlomo Aviner

Le chapitre soixante Isaïe décrit la finalité de l’histoire, la reconnaissance des nations en la centralité d’Israël.

Le dernier verset ainsi que son interprétation sont très connus, c’est du temps messianique dont il question : " Moi l’Eternel, au moment venu, je le précipiterai "

Le Talmud Sanhédrin 98a d’interpréter, si le peuple juif est méritant, " je le précipiterai ", s’il ne l’est pas ; " au moment venu (c’est à dire à la fin des six millénaires).

Le sens littéral du verset en reste paradoxal. En effet, un temps venu, arrivé, ne nécessite pas de précipitation. Comment comprendre le verset dans sa lecture simple ?

La scène dirigeante du peuple juif est occupé principalement par deux axes : Judas et les tribus issus de Rachel.

Un générique rapide le montre clairement : Joseph (confronté à Judas) en Egypte, Josué de la tribu d’Ephraïm fils de Joseph et la conquête d’Israël suivi par Othniel de Judas, Ehoud de Binyamin. Après l’époque des juges, le premier roi ; Chaoul est de la tribu de Binyamin. Son successeur est le premier de la dynastie royale de Judas : David. Après Salomon, c’est le schisme où apparaissent , d’une part la descendance de David et d’autre part pour la direction des dix tribus : la tribu d’Ephraïm (fils de Joseph) .

Pendant le premier exil (après la destruction du premier temple) en Babylone, c’est Mordéhaï, de la tribu de binyamin qui est le personnage central de cette période.

Quels sont les rôles de ces deux axes que l’on désignera par Judas et Joseph ?

A la sortie d’Egypte (Chemoth chap3, vers16 ), D.ieu dit à Moché " Rappeler, Je me suis rappeler ", la délivrance (guéoula) se réalise par l’intermédiaire de deux messies (Tiquoukeneï Zohar Hadach 3b), en l’occurrence Moché et Aaron. Le Gaon de Vilna établit un parallèle entre Pourim et Hanouca.

En effet, ces deux événement manifestent la survie d’Israël de deux façons différentes. Pourim avec Mordéhaï a permis la perpétuité d’Israël en Exil (Galouth). Joseph a eu ce même rôle en Egypte. C’est également Josué qui est à la tête de la conquête de la terre d’Israël.

Le dénominateur commun de ces deux personnages est de faire avancer le déroulement du peuple juif dans la galouth.

Celui qui assure ce rôle a l’appellation de Machiah ben Yossef (au nom de celui qui l’a intégré en premier ; Yossef hatsadik, fils de Yaakov, il est d’ailleurs le premier a avoir résisté à l’assimilation en ne cédant pas à la femme de Potiféra, d’où son nom de tsadik, entier) ?. A la sortie d’Egypte, c’est Aaron qui réalise ce rôle.

Au cours des générations, ce sont des personnages dont l’identification n’est pas désignée qui ont porté cette fonction. En effet, tout comme la perpétuité du peuple juif n’est pas un phénomène qui apparaît comme un miracle manifeste, le Machiah ben Yossef n’est pas connu, reconnu comme l’indique le verset (Béréchit chap.42, vers.8) : " Yossef reconnu ses frères mais eux ne le reconnurent pas ", (c’est le sens de l’absence du nom de D.ieu dans la Méguila d’Esther ).

Le deuxième Machia’h : c’est le Machia‘h ben David. Son rôle est de faire rayonner le peuple juif par sa vocation, par lui, c’est la finalité de la création qui se révèle : la révélation du divin, faire connaître le Nom divin.

Après Avraham avinou et les patriarches, c’est par excellence Moché rabbeïnou qui inculque ce rôle avec la Torah qui porte son nom : Torath Moché.

Le Machia’h ben David doit faire parvenir le monde à sa perfection ( c’est à dire à amener l’humanité au vécu d’Adam Arichone dans le Gan Eden surmontant la non consommation interdite) .

L’événement de Hanouca a participé à ce projet. En effet, après les prophètes du premier temple , c’est l’affirmation de la Torah orale au second temple. Là contrairement à Pourim, le miracle s’est manifesté comme il l’a été à la sortie d’Egypte et comme il le sera au plus tôt au déroulement de l’histoire.

Ces deux vecteurs sont des composants omniprésents du déroulement de l’histoire. Pour les illustrer, quelques points de repères : c’est Chaoul , le premier roi (de la tribu de Binyamin frère de Yossef) qui précède la royauté de David.

Après le roi Salomon, lors du schisme du peuple juif , ce sont comme il a déjà été indiqué pour les deux tribus de Judas et de Binyamin la dynastie de David d’une part et pour les dix autres tribus ( les tribus de l’exil) ; la tribu d ‘Ephraïm ( fils de Yossef) qui vont assurées la direction du peuple juif.

Ces deux articulations se manifestent également par la double véhiculation de la Tora orale par ses deux Talmud : le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone.

Certains affirment que la composition ashkénaze-sépharade s’insère dans ce même plan En effet, cette double (et non pas triple, quadruple ou autant de multiples de passages du peule juif dans les péripéties de son exil) composition tend fortement à adhérer à cette thèse.

Mais cette analyse est l’objet d’un autre développement.

Comme nous arrivons au terme des six millénaires, notre sujet porte une acuité toute particulière. Il n’est bien sûr pas par hasard, que c’est à ce terme que se réalise le renouveau de l’occupation du peuple d’Israël en Erets Israël. Il est crédité aux élèves du Baal Chem Tov et du Gaon de Vilna, il y a de cela 250 ans. Leurs précurseurs ont été Rabbi Moché Cordovéro et Rabbi Its’hak Louria ( le Ari Zal ) qui sont montés à Tsfat il y a 400 ans.

Le Baal Chem Tov et le Gaon de Vilna ont eux poussés leurs élèves à monter en Israël. C ‘est le Rav Israël de Mishkelon (Lithuanie) élève du Gaon de Vilna qui a acheté des terres et constitué des communautés à Tsfat et à Jérusalem ainsi que des colonies dans le reste du pays.

Il est admis de créditer à ces personnalités d’avoir assumé la fonction de Machia’h ben Yossef. Le Machia’h ben Yossef est le précurseur de Machia’h ben David . Le Gaon de Vilna explique le paradoxe du sens littéral du dernier verset du chapitre 60 d’Isaïe de la façon suivante.

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