Les Juifs du Mizoram
 
Il y a plusieurs mois, à l'occasion d'élections locales, le territoire du Mizoram (nord-est de l'Inde) interdit aux étrangers depuis une v'ngtaine d'années pour cause de rébellion, s'ouvrait à quelques journalistes. Ils furent plus qu'étonnés de découvrir à Aizawl, la capitale de cet Etat situé au confins de la Birmanie, une petite communauté se réclamant du judaîsme exprimant le souhait de rentrer en Israël.
Ils sont aujourd'hui environ 4500 à vivre une vie juive. Ils ont une synagogue, respectent le chabbat, observent les fêtes, mangent cacher. lis estiment être des descendants de l'une des dix tribus perdues, celle de Menasseh. Ils auraient retrouvé leurs racines grâce à des missionnaires gallois ayant uvré dans cette région du monde à la fin du siècle dernier. La révélation d'un chef tribal les ayant aidés à prendre conscience du parallèle entre leurs pratiques ancestrales et les pratiques juives. A artenant à la tribu des Shinlung, qui compte entre un et deux millions de membres répartis entre ces territoires et la Birmanie, certains ont manifesté leur désir de s'installer en Israël dès 1948.
 
Le rabbin Eliahu Avichail que nous avons rencontré et qui est l'initiateur du groupe Amishav qui s'est fixée comme objectif de ramener en Israël les descendants des dix tribus perdues reconnaît qu'il est pour le moins difficile d'évoquer avec certitude la généalogie de ces groupes. Mais pour lui qui s'est rendu plusieurs fois sur place et a pu juger de la sincérité de ses interlocuteurs on ne saurait voir là un problème insurmontable dans la mesure où les intéressés sont prêts à entreprendre un processus complet de conversion afin d'être reconnus comme Juifs à part entière, espérant à terme pouvoir faire leur alyah.
 
 
Le rabbin Avichail pour qui les portes du Mizoram, du Nagaland et du Manipur ne se sont pas encore ouvertes a rencontré plusieurs membres de cette communauté à Calcutta en 1985. Il était accompagné au cours de ce voyage du grand rabbin de Natanya. Pour lui le peuple juif a une véritable obligation à remplir à l'égard de ces populations, mais il a conscience que concrètement cela risque de prendre du temps.
 
 
L'appel du Mizoram ne semble guère avoir été entendu dans les sphères gouvernementales israéliennes, pas plus d'ailleurs qu'au niveau du Grand rabbinat. Mais il en faut plus pour le décourager. Deux membres de ce groupe après avoir été formés et convertis en Israël uvrent pour le moment sur place, aidant les leurs à vivre une vie juive. Tout processus de conversion doit se faire sur une base individuelle insiste le rabbin Avichail et conformément aux critères de la halacha.
 
 
Les Juifs d'Ethiopie savent combien d'appel il leur a fallu lancer avant d'être entendus. Peut-être un jour les Juifs du Mizoram et du Nagaland verront-ils leur souhait exhaussé et pourront-ils rejoindre le peuple juif et s'installer en Israël ?

Source : Claude Meyer d'Actualite Juive 1990
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